« L’absorption en excès des vapeurs d’éther ne serait pas sans danger pour l’économie ». Il est conseillé de ne pas prolonger les inhalations au delà du temps nécessaire pour produire les effets recherchés :« nous ne saurions blâmer trop sévèrement tout ce qui tendrait à l’abus dans l’emploi de ce moyen »…

L’auteur du rapport se lance ensuite dans une tentative d’explication du mode d’action de l’éther sur l’organisme.

« Nous comparons ses effets à ceux du gaz carbonique et, en réalité, il y a plus d’un point de contact entre les symptômes que présente l’asphyxie par ce gaz vénéneux et l’ivresse produite par l’éther. Il y a mieux ; nous croyons fermement que ce qui ne constitue que des analogies à un certain moment de l’expérience, finirait par devenir complètement identique à un degré plus avancé de l’intoxication ; en un mot, nous croyons que la mort serait le résultat ultime dans un cas comme dans l’autre »…

Il est fait référence à l’opinion du Docteur Robin dans un compte rendu à l’Académie des Sciences : « M. Robin rapporte l’action stupéfiante de l’éther à la stagnation du sang dans les organes, à l’état de sang veineux, état incompatible avec l’accomplissement des fonctions de la vie de relation. Il s’opère donc une sorte d’empoisonnement fugace, il est vrai, en raison de la rapidité avec laquelle l’éther est éliminé, mais qui amènerait l’extinction de la vie, si l’expérience dépassait certaines limites qu’on peut prévoir. Les phénomènes cataleptiques s’expliquent physiologiquement par la congestion cérébrale momentanée, et les hallucinations, les rêves agréables, tiennent à la nature de la substance toxique et à la modification spéciale qu’elle détermine dans l’encéphalation. On sait que l’acide carbonique agit dans le même sens et que les premiers instants de l’asphyxie sont pleins de charme, de l’aveu de ceux-là qui y ont échappé. Chaque poison gazeux a probablement un mode d’influence sui generis sur le cerveau : par exemple le deutoxyde d’azote qui a reçu le nom de gaz exhilarant, à cause de sa manière d’agir »….Molière n’eut pas dit mieux !

Il convient donc de prémunir les confrères contre deux incidents fâcheux :

« 1° le vomissement qui a lieu pendant ou après les inhalations lorsque l’estomac contient des aliments non encore digérés

2° l’ingurgitation d’éther à l’état liquide, ce qui arrive quand le tuyau d’aspiration est en contact par l’une de ses extrémités avec l’éponge ou le fond du réservoir »…