Sur celui-ci, peu de souvenirs sont restés décelables dans les murs hospitaliers. Brillant praticien à compétence ophtalmologique, nous savons qu’il vit le jour dans un plaisant village du « plateau »,Bollandoz, « le 27 Vendémiaire de l’an VIII de la République une et indivisible, à 3 heure du matin » (19 : 10 : 1799). Il dirigeait le service Saint Joseph dans lequel il avait fait isoler une salle d’opération loin de la salle commune d’hospitalisation . Il avait également fonction de directeur administratif de l’établissement.
En prévision de l’adaptation de la technique nouvelle, il avait commandé dés le début du mois de Janvier, un appareil d’éthérification dont la trace est conservée sur le grand livre de comptes de la pharmacie : appareil Luër, très proche de l’appareil de Charrière, son concurrent, bientôt acquis également.
La communication faite lors de la séance du 5 février par Edmond Sanderet de Valonne, s’intitulait :Inspirations d’éther comme moyen de suspendre la sensibilité durant les opérations chirurgicales

Le rapporteur débute par une descriptionde l’appareil de Charrière puis note :

« Dès l’instant où les expérimentateurs se sont servis de cet appareil, les insuccès ont été de plus en plus rares, et aujourd’hui les inhalations éthérées n’échouent plus que sur quelques organisations réfractaires à leur influence. Mais il faut le dire, jusqu’à présent les individus déshérités d’une si puissante ressource contre la douleur physique, sont, grâce au ciel en petite proportion. Il nous tardait de pouvoir constater, de visu,les étranges phénomènes de l’engourdissement par l’éther ; nous le désirions dans l’intérêt de nos lecteurs, et plus encore pour l’honneur de notre ville, qui ne doit en aucune circonstance rester en arrière du mouvement scientifique. L’occasion ne s’est pas fait attendre, et il nous a été donné d’assister déjà àplusieurs expériences qui confirment pleinement dans notre esprit toutes les espérances que , dès le premier jour, nous fondions sur les nombreuses applications auxquelles pouvait se prêter la découverte nouvelle.

Nous allons raconter les faits qui se sont déroulés sous nos yeux, avec toute l’exactitude dont nous sommes capables et dans leur vérité, ne voulant rien omettre qui pourrait servir d’enseignement à nos confrères dans les expérimentations qu’ils entreprendront… pour leur éviter les tâtonnements inévitables dans une opération plus délicate qu’on ne serait tenté de le croire, qui n’est encore soumise à aucune règle, et dont les résultats sont incontestablement dépendants d’un modus faciendi, que le temps seul
perfectionnera ».