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Grossesses multiples et pollution de l'air : existe-t-il un lien entre polluants atmosphériques et croissance fœtale ?
Mars 2019
Plusieurs études ont établi un lien entre pollution de l’air élevée et troubles de la croissance foetale. Ces études portent sur des grossesses uniques (un foetus par grossesse), excluant quasi-systématiquement les grossesses multiples (plusieurs foetus par grossesse) qui présentent pourtant davantage de risques, en particulier d'accouchement prématuré et de troubles de la croissance foetale.
Une équipe de chercheurs des CHU de Besançon et Dijon a choisi d’analyser les effets de la pollution atmosphérique sur le déroulement de ces grossesses multiples. Une exposition au dioxyde d’azote (NO2), même à faible concentration, induirait un trouble de la croissance foetale.
Pour mener cette étude rétrospective, les 10 905 accouchements des femmes habitant la ville de Besançon ou l’aire urbaine de Dijon et ayant accouché dans les hôpitaux universitaires de Besançon ou de Dijon entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2009 ont été étudiés. L’indicateur de pollution atmosphérique retenu est le NO2, polluant principalement lié à la circulation routière et au chauffage domestique, sources majeures de la zone d’étude. L’exposition au NO2 a été modélisée au domicile de la mère, dans un rayon de 50 mètres autour de l’habitation et pour différentes périodes de la grossesse. Le trouble de la croissance foetale a été caractérisé par le retard de croissance intra-utérin, défini par un arrêt ou un ralentissement de la croissance foetale constaté lors de mesures prénatales prises à deux ou trois semaines d'intervalle.
Au final, 249 grossesses multiples ont été incluses dans l'étude, ayant donné naissance à 506 nouveau-nés ; huit grossesses étaient triples. Les mères étaient en moyenne exposées pendant la durée de la grossesse à une concentration de NO2 dans l’air extérieur de 24,3 μg/m3, cette valeur variait de 10 à 46,7 μg/m3. La valeur limite annuelle moyenne pour la protection de la santé humaine est fixée par la législation à 40 μg/m3. Les chercheurs ont observé que, pour une augmentation de 10 μg/m3 de cette concentration moyenne sur la durée de la grossesse, le risque de retard de croissance intra-utérin augmentait de 50%.
Ces résultats sont en faveur d'une association entre l’exposition au NO2 et la survenue d’un trouble de la croissance foetale lors de grossesses multiples même dans des villes peu polluées, présentant un niveau d’exposition au NO2 essentiellement inférieur au seuil fixé par la législation européenne.
Cette étude, promue et pilotée par le CHU de Besançon, a été conduite en collaboration avec le CHU de Dijon, les unités mixtes de recherche CNRS-université de Franche-Comté Chrono-environnement et ThéMA, le centre scientifique et technique du Bâtiment, l’association de surveillance de la qualité de l’air ATMO-BFC, et la ville de Besançon et le Grand Dijon. Elle a été financée par l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), et a fait l’objet d’une récente publication dans la prestigieuse revue « Environment International ».
Mariet AS, Mauny F, Pujol S, Thiriez G, Sagot P, Riethmuller D, Boilleaut M, Defrance J, Houot H, Parmentier AL, Vasseur-Barba M, Benzenine E, Quantin C, Bernard N. Multiple pregnancies and air pollution in moderately polluted cities: is there an association between air pollution and fetal growth?. Env Int, 2018 Vol 121, Part 1, Dec:890-897. doi.org/10.1016/j.envint.2018.10.015
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