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Des tulipes s’invitent dans un projet de recherche
Mars 2021
La présence de bulbes de tulipes ayant été décrite dans la littérature comme constituant une source de contamination par des souches d’Aspergillus fumigatus résistantes aux antifongiques, des membres du service de mycologie du CHU de Besançon et du laboratoire Chrono-environnement, ont eu l’idée de se pencher sur les espaces verts de l’hôpital, nouvellement aménagés…
Aspergillus fumigatus est un champignon microscopique (ou moisissure) largement retrouvé dans l’environnement (sol, air, eau). Inoffensif pour la majorité de la population, il se révèle par contre dangereux pour les personnes immunodéprimées, pouvant provoquer des infections parfois mortelles (aspergillose invasive). Le recours à un traitement antifongique s’impose alors et ce sont les molécules azolées qui sont recommandées à l’échelle mondiale.
Mais certaines souches d’A. fumigatus, du fait de l’utilisation de traitements fongicides de même nature en agriculture et dans l’industrie du bois, présentent des mutations de leur génome qui les rendent de plus en plus résistant aux traitements antifongiques.
En 2019, une première étude a été menée afin de déterminer si les parterres de plantes, arbres et fleurs dans l’enceinte ou à proximité de l’hôpital pouvaient constituer des sources d’A. fumigatus résistants. Quatre-vingt-dix prélèvements ont été effectués dans la terre des pots comportant des tulipes, 26 en air extérieur et 8 en air intérieur, dans les couloirs du CHU.
Aucune souche des prélèvements d’air ne s’est avérée résistante. Par contre, parmi les souches retrouvées dans les prélèvements de terre, 71% présentaient une résistance pour les antifongiques médicaux testés et 20 d’entre elles portaient une mutation spécifique principalement retrouvée en lien avec l’utilisation des fongicides azolés dans l’environnement1.
Les bulbes de tulipes provenaient des Pays-Bas, premier pays touché par les phénomènes de résistance. En 2020, en concertation avec les responsables des espaces verts et avec le Comité de lutte contre les infections nosocomiales du CHU de Besançon, ont donc été plantés d’autre types de fleurs d’origine contrôlée et des plantes à bulbes issues de la culture biologique, dont des tulipes.
De nouveaux contrôles ont été réalisés en 2020 dans les mêmes bacs de plantation. Seules 2 souches résistantes ont été détectées, probablement "résiduelles", la terre n’ayant pas été changée.
Avec un pourcentage de souches résistantes inférieur à 3%, les résultats de ces travaux2 montrent que la plantation de bulbes issus de l’agriculture biologique offre une bonne alternative pour continuer à embellir les espaces verts des CHU sans risque de dissiper des champignons pathogènes résistants aux antifongiques. Une pratique qu’il serait bon d’étendre à tous les lieux de plantation pour lutter contre ce phénomène de résistance aux antifongiques…
Infos +
Chaque semaine, des prélèvements d’air sont réalisés afin de mesurer l’aérocontamination fongique dans les couloirs des services d’hématologie mais aussi dans les halls d’accueil et dans les couloirs de circulation de l’hôpital.
L’équipe du service de parasitologie-mycologie possède une collection de plus de 1000 souches d’A. fumigatus dont 250 souches résistantes, soit la plus importante à l’échelle du territoire français.
2 2e publication acceptée le 21 janvier 2021 dans Medical Mycology : One year later: the effect of changing azole treated bulbs for organic tulips bulbs in hospital environment on the azole-resistant Aspergillus fumigatus rate (S. Rocchi, C. Godeau, et al).
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