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Alimentation et prématurité : une étude sur le vécu des parents
Juillet 2025
Chaque année, en France, plus de 55 000 enfants naissent prématurément. Pour ces nouveau-nés fragiles, l’accompagnement des parents est particulièrement essentiel, notamment dans les temps d’alimentation. Face au constat d’une présence parentale relativement faible lors des temps d’alimentation, une équipe du CHU de Besançon a conduit un projet de recherche paramédicale pour quantifier et identifier les freins à cette présence parentale.
Les résultats du volet qualitatif de ces travaux sont publiés dans la revue Soins en pédiatrie et puériculture de mars-avril 2025.
Environ 335 enfants nés prématurément sont pris en charge chaque année dans les services de réanimation infantile et néonatologie. Tous bénéficient d’un programme de soutien au développement par des soins individualisés selon leur rythme et leurs besoins : le NIDCAP, qui vise entre autre à redonner aux parents une place prépondérante.
Agnès Clement, kinésithérapeute et Sandrine Boillot, infirmière puéricultrice, toutes deux certifiées NIDCAP, se sont intéressées à l’expérience et au ressenti des parents quant aux différents modes d’alimentation de leur enfant né avant 35 semaines d’aménorrhée : pousse-seringue, tulipe, allaitement et biberon.
Le mode d'alimentation mis en place impacte la relation des parents avec leur enfant et leur implication dans son alimentation. Les expériences avec la tulipe semblent mieux vécues que celles avec le pousse-seringue, car les parents ont la possibilité d’agir sur le débit de lait proposé au bébé, ce qui n’est pas possible avec le pousse-seringue. Les retours sur les expériences d’allaitement et de mise au sein sont très hétérogènes. L’alimentation au biberon est associée au passage à une alimentation plus normale, contrairement aux modes d’alimentation passifs et médicalisés.
Les expériences des parents diffèrent selon leur possibilité de s’engager dans les modes d’alimentation, ils sont également influencés par l’état de santé de leur bébé et par l’environnement médical.
Mais tous les parents semblent rechercher des conseils et un soutien pour mieux comprendre les signaux de leur enfant et pour s'impliquer activement dans les soins. Ces travaux soulignent l’importance de guider les parents de façon individualisée, notamment pendant les temps d’alimentation. Ces moments de partage doivent en effet être synonymes de plaisir pour l’enfant qui apprend à manger ; tout comme pour les parents qui l’accompagnent, car cela contribue à renforcer le lien affectif.
L’étude Prépalim a été conduite en partenariat avec les équipes des services de réanimation et néonatologie, le Dispositif spécifique régional en périnatalité de Franche-Comté, un parent d’enfant prématuré, l’association SOS préma, le service de psychiatrie infanto-juvénile et le Centre d’investigation clinique (CIC Inserm 1431) du CHU de Besançon. Il a été financé dans le cadre de l’Appel à Projets PARAmédical 2018 du GIRCI Est.
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